PHQ-9 : le guide complet pour les psychologues
Le PHQ-9 est l'un des outils de dépistage et de suivi de la dépression les plus utilisés en pratique clinique. Développé par Spitzer, Williams et Kroenke dans le cadre du projet PRIME-MD, il est aujourd'hui une référence internationale en psychiatrie et en psychologie clinique. Ce guide explique comment administrer, scorer et interpréter le PHQ-9 correctement — avec les pièges à éviter et les questions cliniques que l'échelle ne résout pas seule.
- Items
- 9
- Durée
- 3-5 minutes
- Score max
- 27
- Domaine
- Dépression
Cotation et interprétation
Additionnez les scores de chaque item (0-3). Le score total varie de 0 à 27. Tout score ≥ 1 à l'item 9 (idéation suicidaire) doit déclencher une alerte clinique indépendamment du score total.
| Score | Interprétation |
|---|---|
| 0 – 4 | Dépression minimale |
| 5 – 9 | Dépression légère |
| 10 – 14 | Dépression modérée |
| 15 – 19 | Dépression modérément sévère |
| 20 – 27 | Dépression sévère |
Ce sont les seuils appliqués par Melya lors de la cotation automatique du PHQ-9.
Qu'est-ce que le PHQ-9 ?
Le PHQ-9 est un auto-questionnaire de 9 items qui évalue la fréquence des symptômes dépressifs au cours des deux dernières semaines. Il reprend point par point les 9 critères diagnostiques de l'épisode dépressif caractérisé tels que définis dans le DSM-5.
Chaque item est coté sur une échelle de fréquence en 4 niveaux : jamais (0), plusieurs jours (1), plus de la moitié du temps (2), presque tous les jours (3). Le score total varie de 0 à 27.
Le PHQ-9 a deux usages principaux en clinique. Le premier est le dépistage : identifier rapidement des patients qui présentent des symptômes dépressifs significatifs. Le second est le suivi longitudinal : mesurer l'évolution de la sévérité séance après séance et objectiver l'effet du traitement.
Comment administrer le PHQ-9
Le PHQ-9 est conçu pour être rempli par le patient lui-même, avant ou pendant la séance. La consigne porte sur les deux dernières semaines — il est important que le patient comprenne cette fenêtre temporelle avant de commencer.
L'administration prend entre 3 et 5 minutes. Elle peut se faire sur papier, sur tablette ou via une plateforme en ligne. Dans tous les cas, le praticien reste responsable de l'interprétation des résultats — le questionnaire ne se substitue pas à l'entretien clinique.
Un point souvent négligé : le contexte de passation influence les réponses. Un patient anxieux d'être évalué, ou qui minimise ses symptômes par pudeur, produira un score qui ne reflète pas fidèlement son état réel. Le PHQ-9 doit toujours être lu en regard de ce que le clinicien observe par ailleurs.
L'item 9 : une règle à part
L'item 9 porte sur les pensées de mort et les idées suicidaires. Il requiert une attention clinique particulière qui ne dépend pas du score total.
Tout score supérieur ou égal à 1 sur cet item doit déclencher une évaluation du risque suicidaire, même si le score total est bas, même si le patient minimise, même si la séance se passe bien par ailleurs. Ce n'est pas une question de seuil global. C'est une règle par item, validée par la littérature clinique.
Comment interpréter les résultats
Le score total du PHQ-9 indique un niveau de sévérité. Il n'indique pas un diagnostic.
C'est la distinction la plus importante à garder en tête. Un score de 14 ne signifie pas qu'un patient souffre d'un épisode dépressif caractérisé — il signifie que ses symptômes au cours des deux dernières semaines atteignent un niveau modéré selon cette échelle. Le diagnostic reste une conclusion clinique, qui intègre l'entretien, l'histoire du patient, le contexte de vie et l'ensemble des éléments disponibles.
La vraie force du PHQ-9 est dans le suivi. Comparer les scores séance après séance permet d'objectiver ce qui change — ou ce qui ne change pas. Une baisse de 5 points en 6 semaines de thérapie est une information clinique concrète. Une stagnation malgré le traitement est un signal qui mérite d'être exploré.
Les limites du PHQ-9
Le PHQ-9 ne distingue pas la dépression unipolaire de la dépression bipolaire. Chez un patient bipolaire, un score élevé au PHQ-9 peut correspondre à une phase dépressive d'un trouble de l'humeur qui nécessite une prise en charge très différente.
Il ne capture pas la fluctuation intra-journalière. Un patient qui présente une amélioration matinale et une aggravation vespérale produira un score qui dépend de l'heure à laquelle il a rempli le questionnaire.
Il est sensible aux biais de désirabilité sociale. Certains patients, surtout en début de suivi, minimisent leurs symptômes. D'autres, au contraire, surinvestissent l'outil et surcoient pour communiquer leur détresse.
Enfin, le PHQ-9 n'évalue pas la durée des symptômes — pourtant un critère diagnostique central du DSM-5. Un score élevé sur une période de deux semaines ne dit rien sur la chronicité du tableau clinique.
PHQ-9 et PHQ-2 : lequel choisir ?
Le PHQ-2 est une version ultra-courte du PHQ-9, composée des deux premiers items seulement. Il est conçu pour le dépistage rapide en médecine générale ou dans des contextes où le temps est très limité.
Un score de 3 ou plus au PHQ-2 indique qu'une évaluation plus complète est nécessaire — c'est à ce stade que le PHQ-9 prend le relais.
En pratique psychologique, le PHQ-9 est presque toujours préférable. Le PHQ-2 est utile comme outil de triage, pas comme outil de suivi.
Utiliser le PHQ-9 avec Melya
Melya permet d'envoyer le PHQ-9 à vos patients en quelques secondes par email. Le patient remplit le questionnaire depuis son téléphone ou son ordinateur. Vous recevez le score automatiquement dans votre tableau de bord, avec le suivi longitudinal mis à jour séance après séance.
Les données sont hébergées en France sur des serveurs certifiés, conformément au RGPD.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le PHQ-9 et le BDI-II ?
Les deux mesurent la sévérité dépressive, mais ils ne sont pas construits de la même façon. Le PHQ-9 est aligné sur les critères DSM et prend 3 à 5 minutes. Le BDI-II est plus long, plus sensible aux nuances cognitives et émotionnelles de la dépression, et prend 5 à 10 minutes. Un même patient peut scorer différemment sur les deux échelles — elles ne sont pas interchangeables. Le choix dépend du contexte clinique et de ce que le praticien cherche à mesurer.
Peut-on utiliser le PHQ-9 avec des adolescents ?
Le PHQ-9 a été validé principalement sur des populations adultes. Pour les adolescents, le PHQ-A (version adolescent) est préférable — il adapte certains items au contexte développemental.
Que faire si un patient score 1 ou plus à l'item 9 ?
Une évaluation clinique du risque suicidaire doit être conduite immédiatement, indépendamment du score total. Cela inclut d'explorer la nature des pensées (passives ou actives), la présence d'un plan, l'accès aux moyens et le niveau de protection. Le PHQ-9 ne remplace pas cette évaluation — il la déclenche.
Le PHQ-9 est-il libre de droits ?
Oui. Le PHQ-9 est libre de reproduction, traduction, affichage et diffusion sans autorisation préalable.
À quelle fréquence administrer le PHQ-9 en suivi ?
Il n'y a pas de règle universelle. En pratique, une administration toutes les 2 à 4 séances permet de suivre l'évolution sans saturer le patient. En début de thérapie ou lors d'une modification de traitement, une fréquence plus élevée peut être pertinente.
Envoyez le PHQ-9 à vos patients en deux minutes
Passation en ligne, cotation automatique, suivi longitudinal. Hébergement HDS en France.
Essayer Melya gratuitementPHQ-9 — Spitzer R.L., Williams J.B.W., Kroenke K. et collègues, développé avec une allocation d'études de Pfizer Inc. Aucune autorisation requise pour reproduction, traduction, affichage ou diffusion.